Circuits de télécommande à ultrasons, à infrarouges

 

I – Généralités sur les télécommandes

 

Ces systèmes ont commencé à se développer avec la multiplication des chaînes proposées par la plupart des pays et la nécessité pour le téléspectateur de changer souvent de canal de réception pour choisir son programme.

 

Mais c’est surtout avec la télévision en couleurs que la télécommande a pris toute sa valeur car le réglage correct de la couleur ne peut être évalué de façon satisfaisante qu’à une certaine distance de l’écran.

 

Avec les télécommandes classiques, le téléspectateur peut, à plusieurs mètres de distance, régler le volume sonore, le contraste, la luminosité et la saturation des couleurs de l’image, effectuer la commutation des canaux reçus, supprimer momentanément le son, enfin, éteindre l’appareil et l’allumer grâce à une position veille sur le récepteur.

 

Outre un indubitable surcroît de confort, la télécommande permet également d’éliminer tous les organes mécaniques de commutations et de réglages au niveau du clavier, ce qui supprime bon nombre de pannes dues à l’usure ou à l’encrassement. Les premières télécommandes sont apparues dans les années 1960 : elles étaient à câble (reliées au récepteur) et leurs possibilités étaient réduites. Ce n’est qu’avec l’apparition de circuits intégrés spécifiques à cette application que ces systèmes ont atteint un degré élevé d’efficacité et de fiabilité en devenant entièrement électroniques sans aucune liaison mécanique avec le téléviseur.

 

Un système de télécommande électronique se compose essentiellement d’un émetteur et d’un récepteur installé sur le téléviseur lui même.

 

La transmission des signaux correspondants aux diverses commandes se fait, soit au moyen d’ultrasons, soit au moyen de rayons infrarouges comme le montre la (figure 1) .

 

Les ultrasons sont des ondes vibratoires identiques aux ondes sonores mais de fréquences supérieure au spectre sonore audible par l’oreille humaine, c’est à dire supérieure à 16 KHz.

 

Dans la télécommande à ultrasons, représentée (figure 1 a) , chaque commande correspond à une fréquence bien précise de l’émetteur qui est diffusée par un haut parleur spécialement conçu pour les hautes fréquences et appelé transducteur.

 

Le récepteur capte ces ondes ultrasonores au moyen d’un transducteur identique qui fait office de microphone et qui transforme ces ondes en signaux électriques pouvant commander les différentes fonctions désirées.

 

Dans la télécommande à infrarouges (figure 1 b) , on utilise des rayons de même nature que la lumière mais dont la longueur d’ondes est supérieure à celle du rouge visible (760 nanomètres) d’où leur nom d’infrarouges signifiant que leur fréquence est en dessous (infra) de la fréquence de la lumière rouge.

 

La (figure 2) donne, pour résumer, les représentations comparées de la sensibilité de l’oreille et de l’œil humain, ainsi que la position des ultrasons et des rayons infrarouges par rapport à ces spectres.

 

En règle générale, dans un émetteur infrarouge, les signaux correspondants aux différentes commandes sont transformés en rayonnement infrarouge au moyen d’un transducteur constitué par une diode électroluminescente (LED) à l’Arséniure de Gallium.

 

Une photodiode permet au récepteur de capter ces rayonnements et de les reconvertir en signaux électriques qui seront appliqués aux commandes incriminées.

 

En résumé, les deux systèmes de télécommande à ultrasons ou à rayons infrarouges se différencient uniquement par la nature de l’onde utilisée pour effectuer la liaison entre émetteur et récepteur.

 

II – Les transducteurs

 

A)   Transducteurs à ultrasons

 

Pour transformer des signaux électriques en ondes ultrasonores, on peut utiliser un haut parleur de type électrostatique semblable à ceux employés comme tweeters (haut parleur pour fréquences aiguës) dans les enceintes HI-FI.

 

Le principe de fonctionnement d’un haut parleur électrostatique est très simple : en appliquant une différence de potentiel entre deux plaques métalliques séparées par des entretoises isolantes, ces plaques tendent à s’attirer donc à se déformer.

 

En rendant l’une des ces plaques suffisamment flexible par rapport à l’autre, c’est elle qui subit principalement les déformations. Cette plaque est appelée membrane tandis que l’autre, fixe, est appelée contre électrode.

 

Si la tension appliquée à ces plaques varie, la force d’attraction qui les attire varie également, ce qui se manifeste par un déplacement correspondant de la membrane.

 

Ainsi, en appliquant une tension à fréquence ultrasonique au système, celle ci sera transformée en vibrations ultrasonores au niveau de la membrane et donc de la masse d’air ambiante.

 

Il convient de noter que si l’on applique uniquement la tension alternative au transducteur, la membrane se déplacera toujours du même côté aussi bien pendant l’alternance positive que pendant l’alternance négative car les charges électriques présentes sur la membrane et sur la contre électrode sont égales et de signe contraire.

 

Pour éviter ce défaut qui engendre une distorsion des oscillations produites, on a recours à une tension Vp de polarisation comprise entre 100 et 300 volts selon les cas.

 

La (figure 3) donne une représentation schématique d’un transducteur à ultrasons fonctionnant sur ce principe.

 

La membrane est formée d’une feuille de matière plastique spéciale appelée styroflex de 20 microns environ d’épaisseur et sur laquelle est déposée une feuille d’or conductrice.

 

L’électrode fixe ou contre électrode est une plaque conductrice perforée dont les évents servent à évacuer l’air compressé qui se forme à l’intérieur du haut parleur lorsque la membrane se rapproche de la contre électrode.

 

Le champ électrostatique se forme donc entre cette électrode perforée et la feuille d’or de la membrane.

 

L’alimentation Vp fournit la tension de polarisation dont nous avons parlé et à laquelle se superpose le signal à la fréquence ultrasonique à émettre. Dans la (figure 4) est représenté le schéma électrique d’emploi du transducteur électrostatique décrit.

 

Dans le récepteur de la télécommande, on peut également utiliser le même type de transducteur qui se comportera alors comme un microphone à condensateur.

 

La membrane et la contre électrode constituent dans ce cas, les armatures d’un condensateur qui est chargé par une tension de polarisation  fixe comprise entre 100 et 300 volts.

 

Lorsque les ondes ultrasonores provoquent la vibration de la membrane de ce microphone, ce qui fait varier la capacité du condensateur, puisque l’épaisseur du dialectique (l’air) varie, la tension présente à ses bornes varie.

 

Ceci est la conséquence directe de la relation (1) liant la charge (Q), la capacité (C) et la tension (U) aux bornes d’un condensateur : Q = CU. Dans le cas qui nous intéresse, la charge Q du condensateur est fixe, la capacité C varie, dont la tension U =   varie également.

 

La transformation, variation de pression de l’air / variation de tension est donc bien assurée de la même façon que la transformation inverse avait été effectuée à l’émission par le même type de transducteur.

 

Le signal à fréquence ultrasonique obtenu, est ensuite envoyé à travers le condensateur CR vers un étage amplificateur comme nous le verrons par la suite.

 

Les transducteurs employés pour générer et détecter les ultrasons ne sont pas tous de type électrostatique. Ils peuvent être de différentes sortes tels ceux exploitant l’effet piézo-électrique de quelques matériaux spéciaux comme le quartz, le titanate de baryum ….

 

Quand on applique une tension électrique variable, par exemple à la fréquence ultrasonique aux bornes d’une plaquette constituée de l’un de ces matériaux, celle ci se déforme et entre en vibrations mécaniques transformant ainsi un signal électrique en ultrasons, c’est ce que l’on appelle l’effet direct.

 

Cette propriété est réversible, c’est ce que l’on appelle l’effet inverse. En soumettant cette même plaquette à des ultrasons, ceux ci provoquent des vibrations mécaniques du transducteur et par la même, des oscillations électriques de même fréquence à ses bornes.

 

La (figure 5) représente un transducteur piézo-électrique utilisé comme transducteur à ultrasons.

 

Ce transducteur est formé de deux plaques de matériau piézo-électrique accolées l’une à l’autre. L’avantage de cette association est de rendre l’ensemble moins sensible aux variations de température car les tensions mécaniques sont alors en opposition et se contrarient. Chaque face de ces deux plaquettes est recouverte d’une mince couche d’argent qui recueille les charges. Les électrodes sont également en argent. L’une est reliée aux deux faces externes de l’ensemble, l’autre est l’électrode centrale et recueille les charges présentes sur les deux faces internes.

 

La pression engendrée par les ultrasons fait se déformer le transducteur, ce qui crée aux bornes des deux électrodes, une tension proportionnelle à l’amplitude de la déformation.

 

Pour donner une idée plus précise de la technologie du système, signalons que les deux lames de céramique piézo-électrique ont une surface d’environ 1 cm carré et une épaisseur de 0,7 mm.

 

Ce type de transducteur piézo-électrique, par rapport au transducteur électrostatique, a la particularité de réagir à une bande très étroite (34 à 37 KHz), ce qui le rend beaucoup moins sujet aux signaux parasites.

 

B)   Transducteurs à infrarouges

 

Les rayons infrarouges sont des rayonnements électromagnétiques tout comme les ondes radio ou les rayons X par exemple.

 

La (figure 6) donne le tableau des fréquences occupées par les différentes sortes d’ondes électromagnétiques y compris bien sur, les rayons infrarouges. On y remarque, dans l’ordre :

 

·        Les ondes radio (grandes ondes, petites ondes, ondes courtes) dont la longueur d’onde commence aux alentours de deux kilomètres

·        La bande I utilisée en télévision

·        La bande II réservée aux émissions radio en modulation de fréquence

·        Les bandes VHF III et UHF IV et V utilisées en télévision

·        Les infrarouges

·        La lumière visible

·        Les rayons ultraviolets

·        Les rayons X

·        Les rayons y émis par les substances radio actives et dont la longueur d’onde est de l’ordre de 10 – 13 mètres

 

Cette liste n’est pas exhaustive et pourrait être complétée mais elle a été volontairement simplifiée de façon à bien faire ressortir la bande spectrale qui nous intéresse et dont la longueur d’onde est comprise entre 1 micromètre ( mètres) et 760 nanomètres (760 x  mètres).

 

1)    Emetteurs infrarouges

 

Ce sont des diodes électroluminescentes (LED) d’un type particulier puisqu’elles sont constituées d’un monocristal d’arséniure de Gallium dont on dope une zone par diffusion d’un élément tel que le zinc. On obtient ainsi une jonction PN entre la partie dopée et le cristal.

 

Cette jonction est ensuite enfermée dans un boîtier cylindrique en plastique ou métallique ayant sur sa partie supérieure une petite fenêtre munie d’un verre plat ou d’une lentille de forme hémisphérique.

 

En polarisant en direct ce type de diode luminescente, les électrons de la zone N sont injectés dans la zone P et se recombinent avec les trous. Cette recombinaison est fortement exo énergétique sous forme de rayons infrarouges invisibles pour l’œil humain.

 

La (figure 7) donne le schéma de principe d’emploi d’une telle diode, la courbe correspondante d’émission spectrale et le diagramme de rayonnement dans un plan.

 

Comme on peut le constater sur la (figure 7 b) , l’émission maximale correspond à une longueur d’onde de 890 mm qui se situe en plein milieu du spectre infrarouge.

 

Sur la (figure 7 c) , on peut constater que le diagramme de rayonnement est en forme de lobe avec une direction privilégiée, l’axe de la diode, pour laquelle l’intensité lumineuse émise est maximum. Plus on s’écarte de cet axe, plus l’intensité diminue pour devenir nulle pour une direction perpendiculaire à cet axe.

 

Deux caractéristiques importantes supplémentaires de ces diodes d’émission infrarouge sont, d’une part la caractéristique puissance rayonnée fE – courant direct IF, représentée pour une diode LED de type CQY 31 à la (figure 8 a) , et d’autre part, les temps de réponse à une tension rectangulaire comme le montre la (figure 8 b) .

 

Sur cette dernière figure, on constate que lorsqu’une tension rectangulaire U est appliquée aux bornes d’une diode LED, le courant direct IF qui la traverse ne passe pas instantanément d’une valeur nulle à la valeur maximale IFM. On peut énumérer huit temps t intéressants et se définissants comme suit :

 

-         t0 : Instant de départ du créneau de tension

-         tp : Durée du palier de la tension d’entrée

-         td : Temps compris entre l’instant t0 et l’instant pour lequel le courant IF atteint 10% de sa valeur maximale IFM. On l’appelle également temps de retard

-         tr : Temps mis par le courant IF pour passer de 10 à 90% de sa valeur maximale IFM. On l’appelle également temps de montée

-         ton : Temps nécessaire pour que le courant IF passe de 0 à 90% de IFM (ton = td + tr). On l’appelle aussi temps de passage à la conduction

-         ts : Temps nécessaire après le temps tp pour que le courant décroisse de sa valeur maximale IFM à 90% de IFM. On l’appelle également temps de stockage

-         tf : Temps mis par le courant IF pour décroître de 90 à 10% de IFM. On l’appelle également temps de descente

-         toff : Temps nécessaire pour que le courant IF décroisse de sa valeur maximum IFM à 10% de IFM (toff= ts + tf). On l’appelle également temps de passage au blocage.

 

Les deux temps les plus importants sont le temps de montée tr et le temps de descente tf. Il est évident que plus ces temps seront courts, meilleure sera la diode et plus on pourra l’utiliser avec des fréquences élevées de commutation de la tension U.

 

A titre indicatif, le tableau de la (figure 9) donne les principales caractéristiques (courant direct IF, puissance rayonnée fE pour un courant direct nominal, temps de montée tr, temps de  descente tf et longueur d’onde  de la lumière émise) de plusieurs diodes LED émettrices de rayons infrarouges.

 

2)    Récepteurs infrarouges

 

La réception des rayons infrarouges peut être réalisée au moyen d’une photodiode ordinaire. Une photodiode est de structure analogue à une diode ordinaire mais le boîtier est muni d’une petite loupe de verre ou de plastique qui a pour rôle de concentrer la lumière incidente et donc également les rayons infrarouges éventuels sur la zone sensible de la jonction PN. La photodiode est alors polarisée en inverse comme le montre la (figure 10 a) .

 

Ainsi, la cathode étant plus positive que l’anode, il ne circule dans la diode qu’un courant inverse, très faible, constitué par les porteurs minoritaires. En d’autres termes, la jonction PN présente une résistance élevée.

 

Lorsque la surface sensible de la photodiode est frappée par la lumière, il se produit, dans les deux zones N et P de la diode, une augmentation sensible des porteurs minoritaires et donc du courant inverse qu’ils engendrent. Plus la lumière reçue est intense, plus la résistance électrique de la jonction diminue.

 

A la (figure 10 b) , est représentée la courbe de réponse spectrale d’une photodiode type. Comme on peut l’observer, celle ci est très large puisqu’elle s’étend de 400 à 1100 nanomètres environ et présente un maximum de sensibilité pour une longueur d’onde de 800 nanomètres de la lumière reçue.

 

A titre indicatif, la (figure 11) donne les principales caractéristiques de quelques photodiodes. Dans ce tableau sont mentionnés :

 

-         La tension VR qui est la tension inverse maximale tolérée par la jonction

-         Le courant d’obscurité Id qui est le courant inverse mesuré à une température ambiante de 25° Celsius pour une photodiode placée dans une obscurité complète

-         La sensibilité S qui donne l’augmentation du courant inverse Id (en nanoampères) en fonction de l’éclairement de la diode, exprimé en Lux.

-         Le temps de montée tr exprimé en microsecondes qui exprime le temps de réponse du courant en régime transitoire (ce temps tr a été défini pour les diodes émettrices d’infrarouges)

 

Dans les récepteurs de télécommande à infrarouges, la photodiode est précédée d’un filtre spécial dont le rôle est de ne sélectionner que les rayons infrarouges. En effet, la courbe de réponse spectrale des photodiodes étant souvent très large, on emploie ce filtre de façon à éliminer toute influence de la lumière visible présente dans la pièce où se trouve le récepteur.

 

III – Principes fondamentaux de fonctionnement d’une télécommande

 

La (figure 12) donne le schéma synoptique d’un émetteur de télécommande.

 

Un émetteur de télécommande est composé d’un clavier, d’un circuit électronique et du transducteur qui génère soit des ultrasons, soit des infrarouges, le tout étant alimenté par une pile.

 

Le clavier muni d’un certain nombre de touches, constitue l’intermédiaire entre l’utilisateur et le système électronique de l’émetteur.

 

La partie électronique est généralement constituée d’un ou deux circuits intégrés, de structure interne assez complexe, et alimenté par une pile de 6 ou 9 volts.

 

Ces circuits ont pour rôle de générer des signaux de fréquence et de structure différentes selon la commande sur laquelle on désire agir. Ainsi, lorsque l’on appuie sur une des touches du clavier, le transducteur est excité et émet un signal qui est perçu par le transducteur du récepteur et peut ensuite agir sur le réglage désiré.

 

Tous ces circuits sont enfermés dans un boîtier de dimensions et de formes assez semblables à celles d’une calculatrice de poche comme le montre la (figure 13) .

 

La télécommande représentée comporte seize touches de sélection de programmes (certaines en comportent plus ou moins selon le téléviseur). Les commandes relatives au volume sonore (V), à la luminosité (L), au contraste (C) et à la saturation (S), nécessitent chacune deux touches, l’une marquée du signe +, l’autre du signe – pour permettre respectivement d’augmenter ou de diminuer le niveau de chacun des réglages. La valeur moyenne de tous ces réglages peut être réobtenue immédiatement par pression sur la touche valeur moyenne (figure 13) .

 

La touche coupure du son (figure 13) sert à couper le son puis à le remettre en service au même niveau qu’il se trouvait avant coupure. La touche marquée I (figure 13) permet d’afficher temporairement le numéro du programme suivi sur l’écran du téléviseur au moyen de LED. La touche R (figure 13) sert à la recherche automatique de l’émetteur alors que la touche 0 (figure 13) permet d’arrêter le téléviseur.

 

Les signaux de commande émis par l’émetteur sont captés par le transducteur récepteur monté sur le téléviseur, puis sont amplifiés et décodés comme le montre le schéma synoptique d’un décodeur représenté (figure 14) .

 

A la sortie de ce décodeur, on obtient les différentes tensions continues nécessaires aux réglages du téléviseur (volume, luminosité, contraste et saturation), ainsi que les impulsions permettant d’arrêter le téléviseur.

 

On obtient également la tension pour l’affichage du canal reçu (soit par surimpression sur l’écran, soit par affichage au moyen de LED), et les tensions pour la commande du sélecteur de canaux VHF / UHF, que la tension d’accord provienne de potentiomètres préréglés ou de mémoires électroniques.

 

IV – Télécommandes à ultrasons

 

 

A)   Télécommande TELE-PILOT 12 GRUNDIG

 

1)    Généralités

 

Cette télécommande élaborée par GRUNDIG permet d’effectuer la sélection de l’un des douze canaux pré accordés et la commande électronique de la saturation des couleurs, de la luminosité, du volume, de la coupure du son et de prédisposition à la mise en marche. Cette télécommande a comme particularité, de n’utiliser que cinq fréquences différentes appelées A, B, C, D et E et définies comme suit :

 

A = 34,69 kHz

B = 36,05 kHz

C = 37,52 kHz

D = 39,12 kHz

E = 42,75 kHz

 

A l’aide de ces cinq fréquences qui peuvent être chacune émise ou non émise. Trente deux ( ) combinaisons sont possibles et donc la télécommande est en mesure d’accomplir trente deux fonctions de commande différentes.

 

Toutes ne sont pas utilisées comme le montre la (figure 15) qui donne le codage ABCDE de chaque commande. Comme on le voit, à chaque commande correspond une séquence de 5 bits. Rappelons que le bit, unité d’information binaire, exprime le choix dans une alternative : ici, il s’agit de la présence (niveau haut symbolisé par la lettre H : HIGH = haut) ou de l’absence (niveau bas symbolisé pat la lettre L : LOW = bas) de la fréquence en cause.

 

Prenons par exemple, la commande de + saturation couleurs : le codage se présente sous la forme des 5 bits H H L L L qui correspondent donc aux conditions suivantes :

 

-         Présence de la fréquence A

-         Présence de la fréquence B

-         Absence de la fréquence C

-         Absence de la fréquence D

-         Absence de la fréquence E

 

 

Les lettres H et L peuvent être remplacées respectivement par 1 et 0. Ces deux systèmes de notation sont également employés dans les tables de vérité des systèmes de codage ou de décodage comme d’ailleurs de tout circuit logique.

 

La fréquence E n’est transmise (H) que pour les commandes de sélection de programmes. Elle est au niveau bas (L) pour toutes les autres commandes. La présence de E sert donc au niveau du décodeur à identifier la fonction changement de canal de la fonction réglage.

 

2)    Fonctionnement de l’émetteur

 

Examinons maintenant le schéma synoptique de l’émetteur représenté (figure 16) .

 

En réalité, il n’existe pas cinq oscillateurs différents mais un oscillateur unique dont la fréquence est commutée séquentiellement.

 

Un multivibrateur fournit un signal dit d’horloge à une fréquence fixe comprise entre 100 et 120 Hz qui pilote le circuit intégré SN 7473, monté en compteur binaire.

 

Ce circuit intégré est un double flip-flop JK maître esclave dont la table de vérité est donnée (figure 17) .

 

Ce que l’on peut retenir de cette table de vérité est que les deux bascules JK réagissent au front descendant du signal appliqué sur leur entrée horloge, selon les états des entrées, il en résulte un état précis des sorties figurant dans cette table.

 

Signalons que la bascule JK n°1 reçoit sur son entrée horloge, le signal issu du multivibrateur et que la bascule JK n°2 reçoit sur son entrée horloge, le signal venant de la sortie Q1 de la bascule JK n°1.

 

Les diodes connectées aux quatre sorties Q1,   , Q2,  sont soit conductrices lorsque la sortie est à l’état bas (potentiel de la masse sur la cathode), soit bloquées lorsque la sortie correspondant est à l’état haut (potentiel positif sur la cathode). Ce compteur assure donc séquentiellement :

 

-         Soit le blocage des transistors TR51 à TR59 (lorsque les diodes sont conductrices, ce qui met leur base à la masse).

-         Soit la possibilité à ces transistors d’être conducteurs si l’on applique, par ailleurs, une tension adéquate sur leur base.

 

Lorsque l’un des transistors conduit, il relie à la masse le condensateur branché sur son collecteur, accordant ainsi la fréquence de l’oscillateur sur l’une des fréquences A, B, C, D ou E désirée.

 

Le câblage des deux bascules JK et des diodes connectées à leurs sorties est réalisé de façon à autoriser successivement la conduction des transistors TR51, TR53, TR55 et TR59.

 

Le codage correspondant au réglage désiré est obtenu au niveau du  clavier de commande, composé des différentes touches et d’une matrice à diodes comme le montre le schéma de la (figure 18) .

 

Prenons un exemple pour comprendre le fonctionnement du système. Si l’utilisateur désire augmenter le volume sonore du téléviseur, il appuie sur la touche + volume, le contact 16 se ferme, polarisant les anodes des diodes D1 et D2 à la tension positive de + 6 volts de la pile. Ces deux diodes deviennent conductrices. Ceci a pour conséquence de mettre en conduction les deux transistors TR51 et TR55 lorsque ceux ci sont autorisés par le compteur binaire.

 

En effet, le transistor Tr51 reçoit sur sa base deux informations, l’une via R1 est une tension positive de + 6 volts comme nous venons de le voir, l’autre est la tension venant du compteur binaire qui est soit le potentiel de masse, soit la tension d’alimentation positive du SN 7473.

 

Récapitulons :

 

·        Dans un premier temps, le compteur binaire permet la conduction de TR51 et la tension positive venant du clavier la confirme : l’oscillateur fonctionne sur la fréquence A puisque C51 est relié à la masse (figure 16) .

·        Dans un second temps, le compteur binaire permet la conduction du transistor TR53 mais aucune tension positive ne vient du clavier sur la base de ce transistor. Il reste donc bloqué et l’oscillateur ne fonctionne pas à la fréquence B.

·        Dans un troisième temps, le compteur permet la conduction de TR55 et la tension positive venant du clavier confirme cette conduction. L’oscillateur fonctionne à la fréquence C puisque le condensateur C55 est relié à la masse.

·        Dans un quatrième temps, le compteur permet la conduction de TR57, mais aucune tension n’arrivant du clavier, celui ci reste bloqué et l’oscillateur ne fonctionne pas. Il n’y a pas d’oscillations à la fréquence D.

·        Dans un cinquième temps, le compteur permet la conduction de TR59 mais comme aucune tension n’arrive du clavier, le transistor reste bloqué et il n’y a pas d’oscillations à la fréquence E.

 

Ensuite le cycle que nous venons de voir se reproduit tant que la pression sur la touche + volume est maintenue.

 

La (figure 19) donne l’aspect du signal produit par l’oscillateur et qui correspond bien au codage de la fonction + volume tel qui a été défini dans la (figure 15) (H L H L L).

 

Ce signal est ensuite appliqué au transducteur électrostatique T qui émet ces ultrasons en direction du récepteur.

 

La tension continue nécessaire à la polarisation du haut parleur électrostatique (environ 250 volts) est obtenue par le circuit doubleur de tension composé des diodes D71 et D72 et les condensateurs C71 et C72 et alimenté par le signal sinusoïdal produit par l’oscillateur (figure 16) .

 

3)    Fonctionnement du récepteur

 

La (figure 20) donne le schéma synoptique du récepteur de cette télécommande TELE-PILOT 12.

 

Les signaux ultrasoniques émis par l’émetteur sont captés par le microphone électrostatique du récepteur et convertis en signaux électriques. Ces signaux passent, tout d’abord, dans un amplificateur à large bande puis dans un étage pilote qui attaque cinq circuits sélectifs, accordés chacun sur l’une des fréquences A, B, C, D et E.

 

Chacun des étages sélectifs est suivi d’un transistor pilote qui se sature lorsque le circuit accordé correspondant est excité et reste bloqué en absence d’excitation. Le montage est tel que l’on obtient, en sortie, un niveau haut (H) lorsque le circuit sélectif correspondant est excité, et un niveau bas (L) dans le cas contraire.

 

Ces sorties sont appliquées au circuit intégré C (SN 74141 N), décodeur binaire BCD / décimal dont la (figure 21) donne la table de vérité.

 

Dans le cas présent, les pattes de sortie n°16 et 15 n’étant pas utilisées, seule la partie marron clair du tableau nous intéresse. Nous reviendrons à ce tableau par la suite.

 

Ainsi, selon le code appliqué à ces entrées A, B, C et D, c’est l’une des sorties 8, 9, 13, 14, 11, 10, 1 et 2 qui passe de l’état haut (H) dans lequel elle se trouve normalement, à l’état bas (L).

 

La sortie en question passant à l’état bas (L) bloque le transistor pilote qui lui est relié. La tension positive de collecteur du transistor est envoyée, après stabilisation, sur l’unité de mémoire SB2 dont le schéma électrique est donné (figure 22) .

 

Prenons un exemple concret pour examiner comment fonctionne toute cette chaîne. L’utilisateur désire augmenter la saturation des couleurs :

 

En actionnant la touche + saturation de l’émetteur, un signal codé sous la forme H H L L L est capté par le récepteur. Les circuits accordés A et B sont excités et les entrées A et B du décodeur C1 sont à l’état haut (H) alors que les entrées C et D sont à l’état bas (L).

 

Si on consulte le tableau de la (figure 21) , on voit que cet état des entrées correspond au passage du niveau haut au niveau bas pour la sortie n°9.

 

Ce passage au niveau bas provoque le blocage du transistor TR61 (figure 20) .

 

Comme TR69 est saturé, une tension positive est appliquée à la mémoire SB2, qui amorce le petit tube néon L (figure 22) et charge le condensateur C connecté entre grille G du transistor MOS FET T et la masse.

 

Sur la source S de ce même transistor, on obtient ainsi une tension continue qui augmente aussi longtemps (dans une certaine plage) que la pression sur la touche est maintenue et donc que la sortie n°9 de C1 est au niveau bas. Cette tension continue croissante est envoyée à l’endroit voulu du téléviseur pour augmenter la saturation des couleurs de l’image.

 

Lorsque l’on relâche la touche, le néon L se désamorce et la charge de C, donc la tension de sortie de la mémoire, reste constante maintenant le téléviseur au réglage effectué auparavant.

 

Si l’on actionne, au contraire, la touche – saturation, les états L, H, L et L sont appliqués respectivement aux entrées A, B, C et D du circuit intégré C1. La sortie n°8 de C1 passe à l’état bas, le transistor TR69 se bloque alors que TR61 relié à la masse est saturé.

 

Le néon L s’amorce car la différence de potentiel à ses bornes est suffisante et le condensateur C se décharge progressivement à la masse. La tension de sortie de la mémoire diminue et la saturation des couleurs de l’image diminue proportionnellement.

 

Ce raisonnement est similaire pour les réglages de luminosité et de volume sonore.

 

Lorsque la touche mise en veille est actionnée, seule la fréquence D est générée et la sortie n°1 du circuit décodeur C1 passe à l’état bas, bloquant le transistor TR53. Un niveau bas est donc appliqué à l’entrée CLEAR (= remise à zéro de la sortie Q) de la bascule JK n°1 du circuit intégré C2 (SN 7476 N) qui en comprend deux. La sortie Q1 (broche 14) passe donc à l’état bas également (puisque l’entrée CLEAR d’une bascule JK commute la sortie Q à l’état bas lorsqu’on lui applique un niveau bas), et le transistor TR59, dans le circuit de collecteur duquel se trouve le relais de commande de la tension secteur alimentant le téléviseur, se bloque mettant le téléviseur en position de veille : celui ci s’arrête et seul le décodeur de télécommande reste alimenté de façon à ce que l’utilisateur puisse rallumer son téléviseur à distance en appuyant sur l’une des touches 1 à 12 de programme.

 

Lorsque la touche coupure son est actionnée (code H L L H L), la sortie n°2 de C1 passe à l’état bas et bloque le transistor TR56. L’entrée horloge du flip-flop n°2 de C2 passe de l’état H à l’état L. La sortie Q2 de cette bascule change d’état et passe de même à l’état L. Cette sortie commande l’amplificateur FI SON du téléviseur et coupe donc le son.

 

En appuyant une nouvelle fois sur la touche coupure son de l’émetteur, le transistor TR56 se re bloque à nouveau créant un front descendant de tension sur l’entrée horloge de ce flip-flop n°2. La sortie Q commute à nouveau et repasse à l’état H, ce qui a pour effet de rétablir le son du téléviseur.

 

Il reste  à examiner le fonctionnement des touches correspondant au choix de programmes 1 à 12. Le codage de ces touches a la particularité de contenir le signal E (42,75 KHz) dans tous les cas (figure 15) .

 

Le circuit sélectif E de la (figure 20) , est donc excité quelle que soit la touche de programme actionnée. Le transistor pilote correspondant se met en conduction, le niveau H se forme sur son collecteur et, à travers les diodes D42 et D43, met les entrées C et D du circuit intégré C1 à l’état H. Les diodes D35 et D39 sont bloquées et évitent le retour de ce niveau H sur les transistors pilotes des circuits sélectifs C et D.

 

Les entrées C et D du circuit étant toutes deux au niveau haut H, on en déduit, d’après le tableau de la (figure 21) que, quels que soient les états des entrées A et B, toutes les sorties du circuit intégré C1 sont à l’état haut H, et donc inactives.

 

L’état de sortie des transistors pilote affectés aux circuits sélectifs A, B, C et D n’influence donc pas le circuit intégré C1 mais sert à piloter le circuit intégré C3 SN 74 193 (compteur / décompteur binaire) dont le rôle est de sélectionner le programme désiré en fonction du code appliqué à ses quatre entrées A, B, C et D.

 

La (figure 23) donne le schéma synoptique simplifié du décodeur lors de l’utilisation des touches de programmes 1 à 12 de l’émetteur.

 

Ces signaux ne sont acceptés par C3 que lorsque l’entrée est à l’état H, ce qui est bien le cas lors des changements de chaînes puisque le circuit sélectif E est excité.

 

Cet état H est également envoyé via TR57 sur l’entrée PRESET (broche 2) de la bascule JK n°1 du circuit C2.

 

La sortie Q1 de ce flip-flop passe à l’état haut, commutant le relais secteur et mettant le téléviseur en marche s’il était en veille, ou le maintient en fonctionnement s’il s’y trouvait déjà.

 

B)   Télécommande à ultrasons ITT

 

1)    Généralités

 

Cette télécommande développée par ITT, permet d’effectuer trente commandes à distance et ceci à l’aide de trente fréquences ultrasoniques différentes. Ces trente fonctions sont réparties comme suit :

 

·        16 pour la sélection des programmes

·        6 pour les réglages de volume sonore, de lumière et de saturation des couleurs

·        3 pour les fonctions marche arrêt, coupure du son et position moyenne des réglages

·        5 ne sont pas utilisées et sont tenues en réserve pour d’autres applications éventuelles telles que la visualisation de l’heure sur l’écran du téléviseur…

 

La caractéristique la plus marquante de ce système est la simplicité des circuits selon le principe du comptage de fréquence et ne nécessite donc pas de circuit sélectif donc pas d’étalonnage, contrairement au récepteur précédent.

 

2)    Fonctionnement de l’émetteur

 

L’émetteur réalisé autour du circuit intégré SAA 1024 fournit 30 fréquences ultrasoniques différentes comprises entre 34 et 44 KHz environ avec un intervalle de 346,4 Hertz en partant d’un quartz pilote pour téléviseur PAL résonnant à 4,433618 MHz (sous porteuse couleur).

 

La (figure 24) donne le schéma synoptique interne du circuit intégré SAA 1024.

 

Ce circuit est donc constitué d’un oscillateur à 4,43 MHz, piloté par un quartz externe, suivi d’une bascule bistable (flip-flop), d’un diviseur programmable et d’un diviseur fixe. Le diviseur programmable est commandé par un décodeur également intégré qui reçoit les informations venant du clavier de commande.

 

La fréquence de 4,433618 MHz produite par l’oscillateur est divisée par deux dans le flip-flop et passe donc à 2,216809 MHz.

 

Ce signal passe ensuite dans le diviseur programmable dont le rapport de division R est donné par la formule :

 

R =

Dans laquelle n est un nombre entier compris entre 1 et 30 et qui est imposé par le décodeur selon le code qu’il reçoit lui même du clavier de commande.

 

Ainsi, à la sortie du diviseur programmable et selon la valeur de n, on obtient une fréquence comprise entre 1697 et 2200 KHz environ. Le tableau de la (figure 25) donne, à titre indicatif, les fréquences obtenues en fonction de n.

 

La fréquence obtenue à la sortie du diviseur programmable est à nouveau divisée par le diviseur par 50 et en sortie du circuit SAA 1024, on obtient donc 30 fréquences différentes possibles (selon la valeur de n), comprises entre 34 kHz et 44 kHz environ et donc se trouvant dans la bande des ultrasons.

 

Le tableau de la (figure 26) récapitule les trente fréquences ultrasoniques obtenues à la sortie de l’émetteur et correspondant chacune à une opération bien précise au niveau du téléviseur.

 

La (figure 27) donne le schéma simplifié de l’ensemble de cet émetteur de télécommande.

 

Le clavier de commande utilise une matrice à diodes de même type que celle examinée précédemment. Lorsque l’une des touches est enfoncée, deux entrées du circuit intégré sont activées. L’une (entrée a, b, c , d ou e) correspond à la colonne dans laquelle se trouve la touche, l’autre (entrée f, g, h, i, k ou l) à la ligne dans laquelle se place cette même touche. Ainsi, à chaque touche correspond un code d’entrée différent sur le circuit intégré. Le décodeur contenu dans ce circuit reçoit les informations et détermine ainsi le rapport R de division de fréquence du diviseur programmable, comme nous l’avons vu précédemment.

 

A noter qu’avant d’arriver au circuit SAA 1024, les informations passent par des circuits d’entrée constitués de cellules RC dont le rôle est d’éliminer d’éventuelles impulsions parasites.

 

En sortie du circuit intégré (broche 15), le signal ultrasonique est envoyé à travers la résistance R2 sur la base du transistor T1 qui pilote le haut parleur électrostatique.

 

La bobine L, reliée au collecteur de T1, est montée en autotransformateur, ce qui permet d’obtenir, à ses bornes (points A et E), une tension sinusoïdale d’environ deux cents volts crête à crête.

 

La diode D opère un redressement simple alternance de cette tension qui charge le condensateur C3. La tension continue obtenue sert à polariser le transducteur électrostatique qui peut donc émettre les ultrasons en direction du récepteur de la télécommande.

 

Cet émetteur ne consomme du courant que pendant la transmission des signaux de commande. Au repos, sa consommation est inférieure à 10 microampères.

 

Il peut donc rester en permanence sous tension car une telle consommation est négligeable, compte tenu de la durée moyenne de vie de la pile 9 volts employée.

 

Ce résultat intéressant est du à l’adoption de la technologie C / MOS pour la réalisation du circuit intégré SAA 1024. Ceci permet également d’avoir une valeur de la tension d’alimentation comprise indifféremment entre 7 et 9 volts.

 

3)    Fonctionnement du récepteur

 

Le récepteur de cette télécommande ITT est construit autour d’un circuit intégré SAA 1025, lui aussi construit avec la technologie C / MOS. La (figure 28) donne le schéma simplifié de ce récepteur.

 

Le signal ultrasonore est capté par le microphone électrostatique et envoyé via C7 à un amplificateur constitué du circuit intégré TCA 250. Remarquons la tension de polarisation Vp de 200 volts environ, nécessaire au fonctionnement du microphone.

 

Le circuit intégré TCA 250 est un double amplificateur opérationnel employé ici comme filtre actif grâce aux deux circuits de contre réaction, appelés sur le schéma filtres de bandes et qui sont constitués en fait, d’un filtre en T ponté.

 

L’amplification de l’étage est donc sélective et, en réalité, seules les fréquences comprises entre 33,9 et 44 KHz ressortent amplifiées du montage, les autres indésirables étant éliminées à la masse.

 

A cet amplificateur que l’on peut qualifier de passe bande, succède un étage limiteur constitué du transistor T6 qui limite l’amplitude du signal sinusoïdal à 18 volts environ en rabotant les crêtes, la diode D1 devenant conductrice pour les signaux d’amplitude supérieure : on obtient ainsi un signal de forme rectangulaire qui est appliqué à l’entrée 14 du circuit SAA 1025. A la borne 15 de ce même circuit, est appliqué à travers le condensateur C4, le signal produit par l’oscillateur de type Colpitts utilisant le transistor T5 et le quartz à 4,433618 MHz (fréquence de la sous porteuse en PAL), tout à fait identique à celui contenu dans l’émetteur, ceci par souci d’uniformité et de standardisation.

 

Il est nécessaire, à présent, de donner le schéma synoptique (figure 29) du circuit intégré SAA 1025 qui accomplit les fonctions principales dans le récepteur.

 

Le signal à 4,43 MHz arrivant sur la broche 15 de ce circuit passe dans une succession de diviseurs qui, au bout du compte, divisent par 102 400 la fréquence du signal de l’oscillateur. Le signal à 43,3 Hertz obtenu, sert de référence au compteur de fréquence.

 

Celui ci compare le période du signal ultrasonique entrant par la broche 14 du circuit intégré à la période de 23,1 ms du signal de référence. Cette mesure est interprétée par le compteur de commande qui délivre un code à cinq bits A, B, C, D et E différent pour chaque fréquence ultrasonique et donc particulier à chaque commande désirée. Le tableau de la (figure 30) donne, à titre indicatif, les codes correspondants à chaque fonction.

 

On remarque sur ce tableau que D est à l’état bas lors des changements de programme et à l’état haut lors des autres réglages, ceci permet d’effectuer une première sélection. Lorsque D est à l’état haut, le convertisseur digital / analogique inclus dans ce circuit intégré est en fonction et décode les informations E A B C présents sur ses entrées.

 

S’il s’agit d’une demande de réglage du volume, de la luminosité ou de la saturation, il apparaît sur la broche 2, 3 ou 4, selon le cas, un signal rectangulaire pouvant prendre trente valeurs différentes en fonction de la durée et du type de commande effectuée sur l’émetteur.

 

Un circuit intégrateur R1 C1, R2 C2 ou R3 C3 (figure 28) transforme cette tension rectangulaire en tension continue qui pilote la base d’un transistor (T1, T2 ou T3). Une tension continue, image de l’amplitude du créneau sortant de C2 est donc recueillie aux bornes de la résistance d’émetteur (RE1, RE2 ou RE3) de ce transistor pour être envoyée au point adéquat du téléviseur permettant le réglage du volume, de la luminosité ou de la saturation selon le cas.